mardi 24 octobre 2017

On ne naît pas femme...


La prise de conscience bien pénible de la semaine, où nous faisions un bilan, une amie et moi de tout un tas de choses qui nous sont arrivées il y a peu, ou nous arrivent, parce que nous sommes des femmes.
Et une bonne partie de la pénibilité de cette prise de conscience réside dans le constat qu'on se met dans des situations de victimes et de carpettes, toutes seules, comme des grandes.

Tout ceci fait échos au fameux syndrome de la Schtroumphette...et pour moi à trop d'autres articles que j'ai posté sur ce blog depuis sa création...

Allant de jouer à la parfaite petite femme au foyer bien sous tout rapport qui va apporter le café à Gugus, en se rendant compte, assez peu fière de nous-même qu'on vient de faire ça parce que c'est un homme, et qu'on n'aurait pas fait preuve de tant d'altruisme envers une femme.
De ce truc de prendre le pli de s'écraser ou de se la fermer quand un homme parle, riant sottement mais toujours gentiment à ses blagounnettes vulgaires et nous retenant de dire la moindre grossièreté parce que "c'est pas beau dans la bouche d'une fille".
Ca devient encore plus gênant quand il s'agit juste de dire quelque chose de futé et de pertinent et qu'on sent bien qu'on le vit mal parce qu'en tant que demoiselle -et encore plus quand ce jour là on s'est mis sur son 31 avec make up et talons assortis, on a une peur qu'on s'est auto-fabriqué (peut-être un peu aidées à la base par la société et par nos mères qui ont elles même essuyé les plâtres avant nous) et une auto-censure à l'idée de vexer l'homme si on brille, même pour un instant, un peu plus que lui.
En passant par des copines qui t'avouent qu'elles couchent par reflex mais qu'à bientôt 30 piges elles n'ont jamais vraiment fait ça par envie ou par plaisir, par la pommée qui se fait violer et ne s'en rend compte que trois semaines plus tard parce que quelqu'un lui fait remarquer que 'non, ce que tu me racontes ce n'est pas normal', avec ce reflex naturel de donner plus et de recevoir moins quand on est devant un être masculin, et de mettre cet espèce de point d'honneur a plaire/aider/satisfaire/jouer son rôle/rater sa vie ou la mettre entre parenthèses parce que cette sorte d'idée ancestrale, présente depuis Neandertal selon Françoise Héritier nous pousse à penser que nous sommes inférieures.

La claque ultime m'a été donné en entendant la journaliste Audrey Pulvar déclarer dans une émission que, selon elle, en tant que femme Noire, il était plus dur d'être une femme que d'être Noire, parce que si le racisme est mal vu, l'acceptation que la femme reste une gentille conne est assez universelle et ce quel que soit le sexe et le genre.

...La lutte avec son moi profond pour essayer de dénouer ce sac de nœuds inconscient et se débarrasser de ce propre mépris intérieur, celle avec le monde extérieur pour faire passer cette idée, et celle contre sa paranoïa agressive qui monte et qui pourrait vite ressembler au traditionnel "whow, tu dis ça parce que t'es raciste" balancé à tort et à travers de façon complètement décalé, comment ne pas finir par arriver à l'hyper féminisme misandre et agressif qui se complaît à se croire attaqué de toutes parts même quand il ne se passe strictement rien de bizarre ou de chaotique, excepté dans ses propres émotions, est lancée...
On en arrive même à balancer des "putain mais pourquoi a-t-il fallut qu'on soit nées filles ?!?" 

Hiic...ce soir je n'ai pas de solution, et je reste avec mes doutes, mes questions, mes remises en questions, mon complexe de victime sur 25 000 trucs qui me reviennent en tête qui "n'étaient peut-être pas siii normales, en fait..." et la peur de me laisser envahir par la colère, la rancœur, les amalgames et la psychose.

Bon, c'est parti, dissertation, vous avez 4 heures.


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